MEHRYLLEVISSE

entretien avec floriane demersseman

et mona prudhomme

france

10.2014

 

 

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floriane demersseman:

Etudiante en master "Arts et Publics"

à l'université Paris 8.

 

mona prudhomme:

Coordinatrice de projets artistiques. Elle est

également médiatrice et diplômé d'un master "Art et Public" de l'université Paris 8.

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portraits de corps

 

 

Le 22 octobre dernier nous avons eu le plaisir de rencontrer Mehryl Levisse. À une semaine de l’exposition Jeune Création où il présentera l’une de ses œuvres maîtresse, l’artiste nous a parlé de son travail, ses inspirations, ses passions et ses projets.

 

Comment vous définissez-vous dans le milieu artistique?

C'est une bonne question (rire). Je ne sais toujours pas. J'ai plusieurs casquettes! J'ai suivi plusieurs formation, une assidue en danse classique, moderne-jazz et danse contemporaine. Donc j'ai avant tout une démarche de performeur, avec la volonté d'impliquer autant mon corps que de penser celui du spectateur face à mes œuvres. Arrivé au moment du choix décisif de mes 17 ans, bac Art-Plastiques en poche, j'ai choisi les arts plastiques en pensant qu'il serait plus simple de mettre la danse dans l'art contemporaine que l'inverse. Maintenant avec le recul j'ai conscience que je me trompais, je ne connaissais pas les œuvres de certains chorégraphes qui mêlent vraiment la danse aux arts plastiques.

 

Mes photographies traitent toujours du corps, dans un autre mouvement, hors du réel. Je n'aime pas la photo où le modèle pose pour montrer une révolte, pleure pour indiquer un mal-être...etc. Selon moi, il n'y a pas besoin de montrer les choses aussi directement. Je préfère la subtilité et la suggestion. Aussi ce qui m'intéresse, à mon échelle, en tant qu'artiste émergent, c'est d'inviter d'autres artistes, toutes disciplines confondues, dont j'admire le travail pour réaliser des collaborations ou faire du commissariat d'exposition pour eux. Par exemple, j'ai été l'assistant de Hassan Darsi pendant 2 ans à Casablanca et je viens de l'inviter en France, à Charleville-Mézières pour réaliser sa pièce Le point zéro, c'est un cube doré monumental qui vient dans l'espace public se substituer à un monument de la ville. Cette œuvre à été sélectionnée à la Biennale de Thessalonique ainsi qu'au Festival Sonlignes en Belgique avant d'être refusé par manque d'autorisation. J'ai travaillé avec lui pendant 2 ans pour établir ce projet à Charleville-Mézières dans le cadre de Nuit Blanche 2014. Je ne suis pas un commissaire mais cette confrontation au travail d'autres artistes à travers mon propre regard de plasticien.

Donc pour répondre, je me situe au croisement de tout ça. Oui, je suis un croisement.

 

Nous avons remarqué que vous cachez toujours le visage dans vos œuvres, est-ce une volonté de non-identification?

Il y a une volonté de non-identification du corps car parfois je fais appel à des corps autres que le mien où l'on me demande de les masques mais c'est en fait une évidence pour moi. Mon corps est multiple, modulable, malléable. Je le considère autant comme masculin que féminin, animal que végétal. J'établis tout un rituel autour du masque et du corps masqué. L'approche du masque en tant que personne ou personnage réel m'interpelle, tout ce folklore du carnaval et l'exubérance de la fête m'attire beaucoup. Parfois il est évident que c'est le corps de l'autre qui doit être présenté. Je visualise ma mise en scène et si il m'arrive d'avoir besoin et envie d'un corps réellement féminin ou réellement jeune, âgé, plus gros, plus marqué. Mais sauf quelques flashs artistiques spontanés et très rare, je travaille toujours avec des personnes de mon entourage, j'ai besoin de connaître le corps à l'avance.

 

Donc la composition de votre travail est longuement réfléchie avant la création?

Il y a des choses qui apparaissent dans l'action de la création, la gestuelle, le lâché prise mais tout est parfaitement millimétré. C'est un travail très cérébral où je construit déjà l'image dans ma tête en amont, bien avant. En fait je travaille de deux façons: soit j'ai une image en tête et pendant des mois, des semaines, des jours, je construis tout ce que j'ai imaginé; auquel cas je recherche un par un les éléments que j'ai imaginé. Parfois je visualise une tête de biche de façon très précise donc je vais faire toutes les brocantes, Emmaüs, vide-greniers, pour trouver exactement celle que j'ai imaginé. À l'inverse, parfois je construis seulement autour de l'image d'un corps, d'un environnement ou d'un objet. Là ça peut être plus long puisqu'il s'agit d'une création impulsive. La réalisation d'une captation photographique me demande des jours, des semaines, des mois de montage pendant lesquels je construis, je déconstruis et je construis encore. Je fige les éléments en fonction du cadre photographique, je soumets mes envies à ce que l'appareil peut capter. C'est à dire que parfois, l'élément que je mets en haut à droite de la photo se trouve trop à droite, trop à gauche, trop bas ou trop haut, donc je réajuste constamment en fonction du cadre.

Parfois j'ai de mauvaises surprises parce que ce que j'ai imaginé ne rend pas du tout pareil en réalité, auquel cas je reconstruis dans l'atelier, tout mon travail est en espace clos, je peux devoir repenser toute une mise en scène.

 

Est-il correct d'analyser vos œuvres à travers ce thème du passage de l'enfance à l'âge adulte?

C'est amusant car en fait ce rapport à l'enfance est complètement inexistant pour moi. Je travaille souvent avec le Docteur en philosophie et critique Florian Gaité, qui écrit des textes sur mon travail et selon lui cette question de l'enfance est prépondérante. Je n'en ai pas vraiment conscience. Je dirais que mon univers se situe autour du rituel, des rituels du quotidien. Comment ritualiser le quotidien par de petits gestes, des actes manqués, des habitudes? Boire son café tous les jours à la même heure c'est un rituel au même titre que celui d'un chaman, c'est seulement une autre forme de rituel, une autre culture. Par exemple j'aime analyser le soin que les gens mettent dans l'installation minutieuse de leur intérieur. Pour moi c'est de l'ordre du rituel, de la construction de l'autel privé. C'est créer un environnement dans lequel on évolue, où tout devient ritualisé. Alors évidemment l'enfance, la fête, le corps, la sexualité font partie du rituel.

 

Trouve-t-on des éléments de votre vie, de votre passé au sein de votre travail?

Je dois bien avoué, que j'ai tout de même conscience que je travaille sur les traumas, et particulièrement celui de l'enfance, avec le réflexe d'aller chercher l'inspiration créatrice au fond de soi. L'esthétique chargé du papier peint et du mobilier sont des éléments de mon passé. Comme je viens de la campagne, j'ai grandi entouré de pavillons de chasse, de fermes, de maisons toujours identiques aux années 30/70. Les maisons de famille transmises d'héritage en héritage, étaient encore remplies de trophées de chasse, de divers bibelots, de fusils et cors de chasse accrochés au murs.

 

Mon «traumatisme» d'enfant serait ce rituel, où une fois par ans mes parents élevaient un cochon puis l'égorgeaient au sous-sol de ma maison afin de faire de la charcuterie. Un soir je descends, j'allume la lumière et je tombe nez à nez avec les poumons du cochon suspendus à un crochet. Cette image m'a littéralement traumatisé. Alors travailler sur le corps oui, mais jamais sur son intérieur! Cela me répugne au plus haut point!

De même pour la fête. De la région d'où je viens, les gens boivent beaucoup, puis se battent, le nord de la France c'est assez particulier (rire)! Je m'intéresse à ce moment particulier de la fête avant que tout bascule, lorsque tout va bien mais l'on sent déjà la tension arriver, ce moment d'entre deux, juste avant que toute la fête dérape.

 

Si vous deviez définir la marque de fabrique, l'univers «Mehryl Levisse» que diriez- vous?

C'est mon histoire, celle de ma famille, de nombreuses maisons de famille, des types de décoration, comme un état des lieux des années 30 aux années 70. Donc oui au final tout ça est très présent et personnel.

Je joue avec les codes sociologiques, les faits divers, la mythologie, la littérature, l'opéra, les références de films. Je produis du personnel pour toucher tout le monde, que chacun trouve à quoi se raccrocher. Je pense que tout ce qui nous entoure dans la société que ce soit l'architecture, la musique, le design etc... tout part d'un geste du corps. L'homme se différencie de l'animal par sa pensée et par ce geste créatif. Si l'on apportait plus d'art, à des populations qui n'y ont pas accès, le monde serait moins sévère, j'en suis persuadé. Parce que la création, qu'elle soit musicale, théâtrale, peu importe le domaine, est vraiment quelque chose qui nous fait penser, nous fait se sentir mieux. Je milite pour cet accès à la culture.

 

En 2011 j'ai ouvert BALAK, une galerie temporaire qui monte une exposition une fois par an dans des lieux non prévues à cet effet, plutôt alternatifs, avec la volonté d'amener l'art contemporain là où il n'y en a pas du tout. L'année scolaire 2013/2014, j'étais en résidence sur un campus en zone d'éducation prioritaire avec des élèves qui n'avaient aucune connaissance de l'art. J'aimais leur faire comprendre que même un geste du quotidien peut être de l'art. Par exemple les jeunes des cités adorent les voitures, et bien lorsque l'on apporte une pensée artistique, ils prennent conscience que la forme d'une voiture c'est quelqu'un qui l'a pensé, étudiée longuement. L'art est partout il faut juste savoir le reconnaître et pouvoir y accéder. Evidemment quand l'État français supprime le budget de la culture il y a moins de projets! Le problème c'est qu'actuellement pour obtenir un budget pour la création d'un projet, c'est deux ans de préparation de dossier. Et pour une une seule et unique place à la clef, il y aura énormément de demandes! C'est impossible, il s'agit forcément de choix politiques, le choix n'a plus rien à voir avec le travail de l'artiste!

 

C'est très curieux l'ambiguïté entre la légèreté du décor coloré, presque enfantin et la profondeur voire la gravité de vos propos artistiques. Comment jouez-vous sur ces deux facettes?

J'ai vraiment envie de ne pas dire aux spectateurs ce que je pense, il y a tellement de choses dans mon travail que je leur laisse prendre ce qu'ils voient, sans chercher à les orienter. Évidemment chaque artiste pense un engagement pour la société, une envie de faire bouger les choses, une révolte ou autre... Mais je ne me considère pas du tout comme un artiste engagé car la vision que j'ai des choses n'intéresse que moi et ne touchera personne de la même façon. Parfois ce mélange de politique, sociétal, fictif ou sexuel est tellement caché que chacun en aura se propre lecture.

Je donne des images comme point de départ à l'imagination, je pense qu'on manque cruellement de créativité à l'heure actuelle. Chaque artiste construit un personnage autour de sa personne, il est obligé parfois de se mettre en retrait parce qu'il peut être mis au devant de certaines choses. On nous pose beaucoup de questions personnelles, sociétales, politiques donc parfois j'ai envie d'être en retrait car en tant qu'artiste je construis aussi un personnage. Par exemple mes photos sont très colorées alors que je ne porte jamais de couleur. Et pourtant j'ai habité au Maroc trois ans, nourrit par les couleurs de ce pays. Je suis ambigu et j'aime que mon travail le soit aussi.

 

Les objets religieux sont assez présent dans vos œuvres, quel est votre rapport à la religion?

Il me semble important de comprendre que je ne suis pas dans la provocation. Par exemple j'étais en résidence en milieu scolaire invité par le Centre d'art contemporain d'Yvetot, dans un lycée religieux où au-dessus de chaque porte de classe il y avait des crucifix. C'est devenu pour moi un objet de décoration, hérité d'une tradition et donc un renvoi à la décoration de mauvais goût, du kitsch qui m'interpelle. Le crucifix je l'utilise comme je le ferais avec un objet en porcelaine.

Je m'amuse avec le mauvais goût, celui plus actuel de Valérie Damidot ou les produits de Marilyn Monroe vendus chez Maison du Monde ou d'autres magasins.

Là je prépare un travail sur la pédophilie donc forcément c'est assez noir mais jamais gratuitement provocateur, tout est mûrement réfléchi.

 

Vous semblez avoir un rapport assez sociologique avec votre public? On vous sent très observateur de ce qu'il se passe devant vos œuvres.

Comme je l'ai dit je théorise beaucoup mon travail, j'aime avoir un retour sur ce que je fais pour le faire évoluer. Comme la majorité, la plus grande de mes peurs c'est que mon travail tourne en rond et que le public se dise :« Bon voilà il fait le même chose depuis 10 ans, il faut qu'il arrête maintenant !». Quand je rencontre le public, je leur demande plutôt ce qu'eux ils voient, ressentent avant d'en dire plus. Et parfois ils m'aident à voir des choses que je ne vois pas, certaines que je rejette inconsciemment peut-être.

Il y a une chose que j'adorais faire et que je ne peux plus trop faire maintenant : je reste anonyme pour me balader au milieu du public. Alors j'entends beaucoup de :« Il faudrait qu'il fasse une thérapie, encore un torturé ». Très peu de spectateurs osent dire directement à l'artiste ce qu'ils pensent vraiment de son travail, c'est tellement dommage.

 

Comment appréhendez-vous cette participation à Jeune Création? Le concept d'exposition collective vous le voyez plus comme un enrichissement ou comme de la concurrence?

Les deux, j'adore confronter mon travail à celui d'autres jeunes artistes. Ça m'intéresse toujours d'avoir un retour sur les choses, d'écouter le discours qui tient toutes les œuvres, ce qui va s'établir dans le parcours. Il y a plein d'artistes que je connais déjà soit personnellement soir par leur travail. D'autres également que je ne connais pas du tout, que j'ai hâte de découvrir. Pour le côté compétition, les prix je m'en fiche. La résidence à Tokyo, je me dis que ça peut être intéressant.

 

J'espère toujours qu'une exposition en apportera une nouvelle par la suite. Ne pas avoir de projets c'est ce qui m'angoisse le plus au monde.

Je suis quelqu'un qui stresse beaucoup, tous les jours je remets en question mon travail. Je ne montre que ce dont je suis sûr, ce qui est exposé c'est seulement 10% de ce que je produis.

Comme je n'ai pas d'atelier à Paris et que je viens d'emménager dans un appartement, l'organisation du montage pour l'exposition est compliqué. La journée du montage va être stressante. J'ai été peu exposé dans la capitale donc je pense que cela va m'apporter une bonne visibilité.

 

Pouvez-vous nous parler un peu de l'œuvre que vous avez choisi d'exposer?

L'exposition s'appelle L'EGO. Je suis ravi de montrer Le Dernier Jeu, un cercueil en Lego®. J'avais envie de porter l'attention sur cette pièce qui me tient beaucoup à cœur, qui est une pièce maîtresse de ma jeune œuvre. C'est une pièce en Lego® montable et démontable, livrée avec son guide de montage de deux tomes de 900 pages. J'y ajoute une série d'objets photographiques avec cadre en résine. C'est une série de huit photos (dont quatre seront présentées au salon) dans lesquelles des Legos viennent se substituer aux visages et aux corps.

 

Est-ce que vous pouvez nous parler un peu de votre parcours?

Ah j'adore cette question! (éclat de rire). Je viens de Charleville-Mézières, une petite ville dans le Nord-Est de la France, peu connue, où l'art contemporain n'existe pas. J'y ai passé mon bac arts plastiques dans un lycée proposant les arts plastiques et le théâtre. Ensuite je suis parti à Lille faire une licence d'arts plastiques puis j'ai suivi un master art contemporain et nouveaux médias à l'Université Paris 8.

J'ai vraiment fait le choix de ne pas aller aux Beaux-Arts parce qu'à l'époque la fac et les Beaux-Arts étaient très liés et on pouvait facilement passer de l'un à l'autre.

 

Et justement aujourd'hui vous êtes intervenant à l'université de Reims, est-ce une nouvelle volonté de transmettre autrement que par le geste artistique?

Je pense que c'est vraiment un prolongement de mon travail personnel. Je propose une unité d'enseignement autour du corps qui traite de la performance, de la danse et de l'art contemporain avant tout. J'enseigne à des élèves en études de droit qui ne connaissent pas l'art contemporain. Chaque semaine j'invite des intervenants du monde de l'art : artistes, commissaires, philosophes à venir transmettre leurs connaissances. Je veux leur donner envie, attiser leur curiosité.

C'est important pour moi de partager mes références. Je parle de Joseph Beuys, Pina Bausch ou Matthew Barney par exemple, ces artistes aux œuvres très complexes et complètes. Mon but est qu'ils prennent conscience de la place du corps dans le quotidien. L'art est présent dans notre quotidien, partout partout partout. Toute la réflexion sur les codes sociologiques qu'ils utilisent, leurs vêtements, leurs attitudes en fonction des lieux, des gens, sont des choses importantes à considérer.

 

Selon vous, l'université offre t-elle plus de possibilités aux futurs artistes que les Beaux-Arts?

Je pense qu'un bon artiste sait ce qu'il se passe dans l'histoire de l'art, sait ce qu'il s'est passé et sait plus ou moins impliquer son travail dans ce qui se fera. C'est important de savoir se situer, d'identifier nos influences, le courant dans lequel on se place et d'avoir la curiosité de regarder ce qu'il se passe autour de nous. La fac m'a apporté tout ça, la théorie était très lourde.

Une bonne théorie en muséologie par exemple apporte la possibilité de faire évoluer son travail sous divers modes de monstration. Je travaille avec la photographie, mais je ne suis pas photographe.

 

Selon moi, un autre problème aussi lorsque l'on fait une école d'art, c'est que l'on apprend pas à faire des dossiers. Et pourtant ce serait nécessaire, le travail d'un artiste c'est 50% de temps pour monter des dossiers. Moi je connais pleins de jeunes artistes qui pensaient qu'on allait venir les chercher, qui refusaient de faire une exposition s'il n'était pas payé. Et tu ne peux pas demander ça, en tant que jeune artiste tu ne pas trop exiger... C'est la dure réalité. Ce que j'ai investi dans mes expositions, je le récupère en ouverture vers de nouveaux projets. C'est le plus beau métier du monde donc tout va bien!!

 

Quels sont vos projets pour l'année qui vient?

Je serai en résidence à New-York, en juillet-août, avec plusieurs expositions prévues dans des centres d'art. Mais surtout je vais réaliser mon premier film!

Cela sera ma grande première de mise en mouvement de mes images fixes. Ça va être un gros travail et pour le coup je vais travailler sur les enjeux sociaux, les rassemblement communautaires... J'ai une fascination pour tout ce qu'il est possible de faire avec la masse. Des rassemblements comme le Ku Klux Klan, la «manif pour tous», la chasse aux sorcières, cette puissance horrible de la masse. Cela m'intéresse énormément. Les États-Unis, où ces situations sont omniprésentes, vont être un super terrain d'observation et d'inspiration. Ces évènements me dégoûtent au plus au point, comment abolir les droits d'une minorité sous prétexte d'une croyance?! J'espère rencontrer des mormons, voir l'un des derniers FreakShow qui tourne toujours et observer les consanguins du Texas. Ça c'est mon plus gros projet de 2015.

 

En janvier il y aura une exposition autour de Cocteau avec la galerie Coullaud & Koulinsky qui me représente, exposition pour laquelle je travaille sur un projet de masque. Je suis le plus jeune des artistes de la galerie, c'est une super chance, ils croient vraiment en moi. J'ai aussi un projet d'édition de multiple avec le FRAC Champagne-Ardenne, qui me soutient beaucoup aussi. Récemment j'ai été contacté par un centre d'art en Suisse pour une exposition en 2016. Donc au final j'ai moins de projets qu'en 2014 mais je prépare des choses d'une plus grande envergure, c'est excitant!