mehryl levisse

textes

 

balak, l'équilibre de l'itinérance

 

novembre 2012

texte de florence renault darsi

critique d'art et commissaire d'exposition, elle est directrice de l'Atelier de la Source du Lion (Casablanca)

 

 

 

Balak a fait de l’itinérance son élément fondateur.

Mais au-delà d’un choix consistant à ne pas sédentariser son équipe artistique et ses activités, cette itinérance résulte d’abord d’une philosophie et d’une esthétique, portée par son fondateur, artiste, Mehryl Levisse et ses compagnons d’errance.

Ainsi, chaque édition est l’occasion d’une nouvelle aventure artistique et spatiale qui doit se réinventer et mettre en œuvre tout un dispositif technique et humain susceptible de s’adapter à son domicile provisoire.

 

Balak, c’est une «galerie» SDF [1]. Dans ce nomadisme intrinsèquement lié à son entité, balak épuise tous les sens de son nom [2] en s’invitant dans un appartement pour sa première édition, dans un gymnase pour la seconde et prévoyant de traverser la méditerranée pour la prochaine.

 

Être là ou ailleurs n’a pas vraiment d’importance, ce qui compte c’est d’habiter avec l’art l’espace potentiel à investir et c’est justement toute la force et l’équilibre de ce projet qui ne cherche pas à s’installer dans une stabilité de cimaise mais plutôt dans une pérennité d’existence et d’expérience sans cesse renouvelées.

 

 

[1] Sans domicile fixe.

 

[2] Expression marocaine signifiant en français «pousse-toi de là que je m’y mette !».