mehryl levisse

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sâr dubnotal

exposition collective

2020

 

 

cac brétigny

brétigny-sur-orge / france / 19.09.2020 - 05.12.2020

commissaires céline poulin & damien delille

assistés de céline gatel

 

un corps en trop, 2020

bois, papier peint, cuivre, moquette,

dimensions variables

production in-situ CAC Brétigny

 

du diabolique au domestique, 2020

papier peint

impression sur adhésif mur et sol

dimensions variables

production in-situ CAC Brétigny

 

crédit photo © aurélien mole

 

 

 

 

 

L’œuvre de Mehryl Levisse est constituée d’un ensemble de masques en tissus soclés et de motifs imprimés placés au sol et aux murs. Les motifs bigarrés sont le fruit d’un univers visuel empreint de formes symboliques et hermétiques, où chaque artefact vestimentaire ou mobilier trouble l’identification à des formes connues. Attribut de prédilection du justicier ou du super-héros, défenseur d’un idéal de virilité à contester, le masque devient au contraire pour l’artiste l’expression d’un devenir-autre, une manière de se recréer soi-même à partir des rites et des cosmogonies du passé.

 

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Sâr Dubnotal est un roman de gare publié en 1909—10 de manière anonyme (probablement par Norbert Sevestre), et qui comprendra jusqu’à vingt épisodes. L’un des premiers «détectives de l’étrange» de l’histoire des super-héros est inspiré du critique d’art et organisateur d’expositions symbolistes Joséphin Péladan, qui se nomme lui-même Sâr. Considéré de son temps comme un marginal et un danger pour la bienséance, Péladan est passionné par les postures d’artistes excentriques et mystiques. Capable de léviter, d’entrer en télépathie et d’hypnotiser ses ennemis, son alter ego Sâr Dubnotal constitue un personnage hybride et multiple, en quête d’un monde trouble et étonnant. Face à l’homme rationnel moderne, Sâr Dubnotal/Péladan exalte des formes de vie et des modes de sociabilité hors normes. L’artifice fait partie intégrante de son identité. Vêtements, super-pouvoirs, rituels individuels ou communautaires, objets ou mobiliers fétiches constituent tout autant d’artifices chers aux artistes de la fin du XIXe à nos jours.

 

Le personnage de Sâr Dubnotal/Péladan est le point de départ de cette exposition transhistorique. Les artistes issu·e·s de différentes générations construisent des récits d’épopées fantastiques, des artefacts symbolistes ou des recréations de soi, comme autant d’expressions de la fluidité des genres et des normes. L’ensemble des œuvres exposées se place sous le signe de la «désidentification», conceptualisée par le théoricien américain d’origine cubaine José Esteban Muñoz, emblème d’un refus des catégories stables. Quelles que soient les époques, l’invention de nouvelles écritures visuelles étend les stratégies politiques vers un langage poétique et attractif, à même de complexifier la circulation des plaisirs et des affects. Les artistes invité·e·s se prêtent à imaginer de nouvelles chimères en constant dialogue avec la survivance des fantômes du passé.

 

«Sâr Dubnotal» réunit une pluralité d’œuvres, certaines produites pour l’occasion, incluant différents médiums et champs artistiques, mais aussi des documents d’archives, ouvrages historiques et reproductions originales. Pensée comme un moment de recherche et de travail en progression, «Sâr Dubnotal» intègre plusieurs temps et espaces autres. L’exposition sera accompagnée d’un livret revenant sur ses enjeux théoriques et historiques; un volet de recherche-action donnera lieu à des performances1 et des ateliers, notamment des workshops avec la Classe Préparatoire Arts Visuels Grand Paris Sud (Evry) et à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis2; enfin, la Revue du CAC permettra de partager le travail d’écriture de certain·e·s chercheur·se·s impliqué·e·s dans ces réflexions3.

 

 

 

Notes

 

1 - En dialogue avec le cycle «NO NO DESIRE DESIRE» curaté par Thomas Conchou à la Maison populaire de Montreuil.

2 - Workshops conçus avec Elena Lespes Muñoz, responsable communication-médiation et également co-directrice éditoriale de la Revue.

3 - Notamment Camille Back, Clovis Maillet et Pedro Lemebel.

 

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english version

 

Sâr Dubnotal is the principal character of a series of pulp novels published anonymously (probably by Norbert Sevestre) in 1909-10. The series would eventually comprise twenty episodes. One of the first “detectives of the strange” in the history of superheroes was inspired by the art critic and organizer of Symbolist exhibitions Joséphin Péladan, who adopted the name Sâr. Considered in his day an eccentric and a danger to the rules of propriety, Péladan was a great fan of the poses and posturings of artists who were extravagant and mystics. Able to levitate, communicate telepathically, and hypnotize his enemies, Péladan’s alter ego Sâr Dubnotal is a hybrid many-sided character in search of a murky, surprising world. In light of rational modern man, Sâr Dubnotal/Péladan exalted lifestyles and ways of social interaction that fell outside the norms. Artifice and trickery were an integral part of his identity. Clothes, superpowers, individual or communal rituals, and fetish pieces of furniture and objects are artifices that have been dear to artists from the late-19th century on.

 

The figure of Sâr Dubnotal/Péladan is the starting point for this transhistorical show. The several generations of artists invited to take part have constructed stories of fantastic epics, symbolist artifacts, and recreations of the self, giving expression to the fluidity of genders and norms. All of the works on display fall under the banner of the “disidentification” conceptualized by the Cuban-American theoretician José Esteban Muñoz; the term was an emblem of the rejection of stable categories. But whatever the period, the invention of new visual idioms pushes political strategies towards an attractive poetic language that is equal to the task of complexifying the circulation of pleasure and affects. The invited artists have sought to imagine new chimeras that are in constant dialogue with the survival of ghosts of the past.

 

“Sâr Dubnotal” brings together a multiplicity of works of art, some of which were especially produced for the show. They include different mediums and artistic fields, as well as archival documents, historical works, and original reproductions. Conceived as a moment of research and work in progress “Sâr Dubnotal” incorporates several different timeframes and spaces. The show will also feature a booklet that will go over the historical and theoretical issues that are in play; a research-action section will give rise to performances1 and workshops, notably at the Classe Préparatoire Arts Visuels Grand Paris Sud (Evry) and the Fleury-Mérogis detention center2; finally the CAC Revue will provide a forum for the writing of certain researchers who are taking part in these reflections3.

 

 

 

Notes

 

1 - In dialogue with Thomas Conchou’s “NO NO DESIRE DESIRE” cycle at the Maison populaire of Montreuil.

2 - Workshops designed with the assistance of Elena Lespes Muñoz, Communications and Public Outreach Manager, and co-editor of the Revue.

3 - Including Camille Back, Clovis Maillet and Pedro Lemebel.

 

texte de Céline Poulin & Damien Delille

commissaires

curators

 

 

artistes de l'exposition

Nils Alix-Tabeling, Eleanor Antin, Marcel Bascoulard, Pauline Boudry /

Renate Lorenz, Cécile Bouffard, AA Bronson, Claude Cahun et Marcel Moore,

Vaginal Davis, Arthur Gillet, Harry Gould Harvey IV, Rita Hajj, Özgür Kar,

Tarek Lakhrissi, Mehryl Levisse, Roxanne Maillet, Sophio Medoidze,

Clara Pacotte, Pierre Paulin, Autumn Ramsey, Jimmy Robert, Louise Siffert

 

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