mehryl levisse

tous des sang-mêlés

exposition collective

2017

 

 

macval : musée d'art contemporain du val-de-marne

vitry-sur-seine / france / 21.04.2017 - 03.09.2017

commissaires frank lamy, julie crenn

assistés de julien blanpied, ninon duhamel

 

l’espace révolutionnaire, 2014

caisse de transport en bois, drapé en plâtre et peinture, frise,

morceaux de corps réalisés en bois et photographie,

papier peint, tissu, drapeau, bonnet phrygien en feutrine, moulures, tapis

pièce unique

collection du frac champagne-ardenne

 

crédit photo © Aurélien Molle. MACVAL 2017

 

 

 

 

 

Dès le 22 avril 2017, le Musée d’art contemporain du Val-de-Marne présente Tous, des sang-mêlés,

une exposition collective qui propose d’explorer une notion tout aussi universelle que brûlante : l’identité

culturelle. Cette proposition originale n’est pas sans faire écho à d’autres pistes de réflexion développées au

MAC VAL depuis quelques années.

 

Cette exposition s’ancre dans l’actualité pour aborder la question de l’identité culturelle au travers de visions et

d’expériences d’artistes :Qu’est-ce qui nous rassemble? Comment se construit une culture commune malgré

des origines toujours différentes / diverses? Ces interrogations, en effet, agitent le monde.

Sous le patronage conjoint de l’historien français Lucien Febvre et de son ouvrage Nous sommes des sang-mêlés:

Manuel d’histoire de la civilisation française (1950), ainsi que celui de Stuart Hall, père fondateur des

Cultural Studies, cette exposition souligne la dimension fictionnelle de la notion d’identité culturelle. Le parcours

imaginé par les commissaires est nourri de propositions soulevant des questionnements et apportant des

éclairages sur ce qui nous réunit et nous distingue, sur la transmission et le devenir, sur le pouvoir et la résistance,

sur l’individualité et le collectif…

 

Par la voix d’une soixantaine d’artistes internationaux et d’une centaine d'œuvres, les identités culturelles,

nationales, sexuelles… sont autant de thèmes ici questionnés. Si tous ont l’être pour sujet, certains sont perçus

comme manifestes, d’autres soulèvent le débat - souvent passionnel, résolument politique, et d’autres encore

font surgir de la mémoire les traces du passé, émerger le sensible, l’expérience, l’existence même, allant de

l’instinct de survie au vivre ensemble.

Les œuvres réunies abordent ces thématiques à partir de situations vécues dans une optique d’échange et de

dialogue. Si l’identité culturelle est une fiction, il s’agit de voir comment les artistes l’interprètent, l’interrogent,

la remettent en question…en sortant de la perspective identitaire, trop souvent réductrice.

Comment se construit-on par rapport à la langue, au territoire, à la famille, à l’Histoire et sa narration, aux

stéréotypes? L’exposition met en espace des éléments d’un terrain du commun, où les altérités se déploient

ensemble et en regard les unes des autres.

 

Chaque visiteur peut s’approprier, à travers l’histoire, la sensibilité, la parole et l’engagement d’artistes de tous

horizons, âges et nationalités, des éléments de réflexion pouvant alimenter sa propre acception de la notion

«d’Identité». Organisé au cœur même de l’exposition et pendant toute sa durée, le cycle «De quoi j’me mêle?»

propose un espace de rencontres, de discussions, de débats mais aussi de lecture ou de repos. Il s’agit de

prendre le temps de penser ensemble ou dans le silence d’une réflexion solitaire, les enjeux soulevés par

l’exposition et par la réalité du monde contemporain. Des voix singulières se feront entendre pour partager points

de vue, expériences personnelles ou collectives.

 

/

english version

 

Identity is in crisis. This statement seems to run through time and history. And the questions remain the same.

Who are we? How do we define ourselves? In regard to what? To who? To The Other? What defines us? What

connects and separates us? How do we build a cultural identity and from which elements? How do we

represent it? How do we talk about it? In the midst of a campaign period as well as an unstable and hardly

reassuring political context, “Tous, des sang-mêlés” (All, mixed-bloods) investigates the inherent issues of what

cultural identity means. With this exhibition, our goal is to think together, confront our point of views and

subjectivities in order to bring forward analysis and interrogations through critical and plastic proposals, as well

as foster encounter and dialogue.

The exhibition explores various notions like those of territories, frontiers, maps, nations, communities, belonging,

languages, flags, skin color, stereotypes, symbols and traditions. Each time, these notions are put in perspective

with History, the way it is told as well as its many visual, sound and material transcriptions. These notions take

part and enrich our thinking of the common good, tackled without amnesia or hypocrisy.

This exhibition therefore stands as a critical and sensitive reaction to outdated, reactionary, communautarian

and contemptuous discourses of fear, hatred, exclusion and isolation. It gathers the works of 60 French and

international artists who, their own way, tackle the topics of (private or collective) History, memory, archives,

translation, excavation or restoration. Each visitor is invited to have his own experience and write his own story

through a multifaceted exhibition that features photography, painting, installation, video, and sculpture as well

as other media. Here there are no directions or hierarchy, since the exhibition on the contrary intends to offer a

critical, poetical and metaphorical walk through issues that both enrich and taint our history. The cohabitation of

artworks creates gaps, which, according to François Jullien, are the places where invention, critical judgment

and politics happen.

Indeed, while our selection of artwork raises the question of how to live together, of the common good, and of

what connects us, it also has a look at the violence of colonial history, at ségrégations as well as other forms of

exploitations. In that regard, we refuse all right-minded, naïve and utopic approach. “Tous, des sang-mêlés”

(All, mixed-bloods) takes the risk of confronting history, its discourses, its memory lapse and its translations to

better grasp the current situation and try to understand a collective desire to withdraw into one’s community and

defend an identity became national. We choose dialogue, melting pot, frictions, prospection, differences and

interbreeding over the communitarian temptation, universalism, a prevailing feeling of guilt and dangerous

moralistic values. Achille Mbembe wrote that “we are all passers-by”, moving individuals and groups. We are all

passers-by, migrants, mixed-race, hybrids, foreigners, works in progress, and related beings. All, mixed-bloods.

 

texte de Frank Lamy & Julie Crenn

commissaires

curators

 

 

artistes de l'exposition

Soufiane Ababri, Mathieu Kleyebe Abonnenc, Francis Alÿs,

Lawrence Abu Hamdan,Adam Adach, Nirveda Alleck,

Giulia Andreani, Fayçal Baghriche, Sammy Baloji, Ali Cherri,

Raphaël Barontini, Taysir Batniji, Sylvie Blocher, Martin Bureau,

Claire Fontaine, Steven Cohen, Bady Dalloul, Jonathas De Andrade,

Morgane Denzler, Jimmie Durham, Ninar Esber, Esther Ferrer,

Karim Ghelloussi, Marco Godinho, Joana Hadjithomas et

Khalil Joreige, Mona Hatoum, Maryam Jafri, Katia Kameli,

Jason Karaïndros, Bouchra Khalili, Kimsooja, Kapwani Kiwanga,

Will Kwan, Lawrence Lemaoana, Mehryl Levisse, Violaine Lochu,

Melanie Manchot, Lahouari Mohammed Bakir, Kent Monkman,

Malik Nejmi, Nguyen Trinh Thi, Otobong Nkanga, Harold Offeh,

Daniela Ortiz et Xose Quiroga, Alicia Paz, Adrian Piper,

Présence Panchounette, Pushpamala N, Athi-Patra Ruga,

Zineb Sedira, Yinka Shonibare MBE, Société Réaliste, Chen Zhen,

Tsuneko Taniuchi, Erwan Venn, James Webb, Sue Williamson,