MEHRYLLEVISSE

texte de pierre giquel

france

10.2012

 

 

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pierre giquel:

Critique d'art, il enseigne à l'école des

Beaux-Arts de Nantes.

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l'éternité n'est pas une abstraction

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à la lueur d'un corps brillant absent

 

 

Quels liens se tissent entre les images véhiculées par les installations de Mehryl Levisse, les photographies, les évocations somptuaires et les «collages» d’objets, satellites de corps contraints, cherchent désespérément un abri, ou échappés, et ce «Dernier Jeu» qu’il nous propose aujourd’hui, détournant avec violence et goût de la précision les règles du Lego® pour un cuisant égarement vers l’enfance?

 

Un peu hâtivement sans doute, on parlera de la mort, on appellera un témoin pour évoquer un crime, on oubliera qu’il s’agissait d’un jeu, le «dernier» certes, mais de la journée peut-être, extraordinairement ensoleillée, sans ombre justement. Mehryl Levisse ne quitte jamais le culte des objets qui transitent, des objets de «trans» et ces deux petits cercueils dressés, l’un blanc, l’autre injure colorée, pourraient tout aussi bien n’être qu’un tas d’éléments géométriques dans un paquet ludique. On les imagines là, posés, défiant les lois de l’offre et de la demande, la mort est un jeu, enfin sa représentation tient du prodige, de la patience, d’un tour. L’accomplissement d’une vie dans une torture malicieuse, une ébullition mentale martelée intelligiblement pour une préparation secrète.

 

Une menace persiste sous les traits d’une douce invitation. Alerte exquise ? Ou rude avertissement ? L’enfance d’autrefois piégée dans la construction d’un objet qui fuirait l’image, ou la bouleverserait plus crûment, sans appel.